Jean Tube (la quarantaine) est l’unique boucher du village de Couillu les 2 Eglises. Un boucher plutôt mal embouché que la clientèle a parfois peine à supporter. En effet, depuis le départ et l’absence irrémédiable d’êtres chers, celui-ci ne semble plus trouver goût à la vie.

Un soir pourtant, lors d’une séance de médium, auquel il assiste par dépit, une femme fait irruption dans sa vie. Celle-ci ne lui est pas entièrement inconnue puisque, Marbie, de son prénom, la quarantaine avouée, est une artiste locale, avec un tempérament débordant d’authenticité et de naïveté.

Une Barbie de Sarma qui s’ignore et qui, jusqu’à ce jour, cherchait encore son Ken désespérément.

Bref, celle-ci a tapé dans l’œil du producteur de bovin, persuadé de pouvoir remplir le rôle de découvreur de talent en propulsant sa "pouliche" dans le showbiz.

Bien évidemment, l’homme est conscient qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs et promet à Marbie de l’emporter bientôt dans son carrosse, sous le ciel étoilé du Festival de Cannes.

Alors que le générique final défile sous nos yeux, la chanson de Jean Sablon « Vous qui passez sans me voir » me revient à l’esprit, passant sur un vieux phono acheté en brocante.

L’auteur précise que toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé, serait pure coïncidence.

Or justement, cette brochette d’acteurs, sous des apparences de branquignols façon Monty Python, sont plus vrais que nature et se fondraient aisément dans la masse de ces gens qui nous entourent, voire qui nous hantent au quotidien.

Cinq personnages en quête d’identité s’agitent dans un bocal, tantôt gentils, tantôt méchants, comme des pandores surgissant de leur boîte.
Leur destin est inscrit dans les étoiles, bien que de toute évidence, ils ne les atteignent jamais. Mais ils ont appris que sans cesse sur le métier, il faut remettre son ouvrage. Ils ont cette combativité des « sans-grade » qui n’ont que leurs futiles espérances comme moteur aux multiples ratés.

Cette vie en 16 images/seconde se déroule à un rythme saccadé de zoom, flash-back ou arrêt sur image ; ces espaces mosaïques fonctionnent comme des projections éclatées d’une histoire de mauvaise série B, que l’on regarde sur petit écran, la zappette à la main.

Les décors de cette télé-réalité sont des lieux communs, ceux du quotidien, auxquels on ajoute des strass et des paillettes pour cacher les rides que leur misère laisse sur le front des gens simples comme des traces sur le sable à marée basse.

Chez ces gens-là, Monsieur, la mer toujours se retire et l’on aspire à une autre vie.

Pourtant, ils mettent une barque à l’eau et hissent la grand-voile, s’embarquant pour un nulle part qui est leur seul royaume, une utopie en carton pâte.

Le seul personnage, qui ait vraiment du cœur au ventre est une marionnette dont la voix est prêtée par une câline qui a du tempérament.

C’est une fleur de province qui collectionne les poupées comme d’autres des estampes, provenant de ces pays du matin calme où l’on pêche au cormoran en s’enivrant de vin de palme et en écoutant chanter le vent.

Ce vent, souffle en rafales, comme ces rires à la commande sur les plateaux de télé et au passage, il effeuille, un peu, beaucoup, passionnément des espaces de tendresse ou de folie.

La lumière se rallume dans la salle, le rideau se referme.

Nous venons d’assister à la dernière séance.

Ce village niché entre ses deux clochers m’évoque Syracuse dont on ne se souvient pas qu’à Paris, mais parfois près de chez vous.

Et si c’était ça leur vie ou tout simplement la nôtre ?

Un ange passe habillé en nain de jardin.

Christian Renard

Au fil de notre existence, chacun de nous ne vit-il pas plus ou moins des frustrations et des souffrances ? Et celles-ci, pour la plupart d’entre nous, n’engendrent-elles pas la recherche simultanée de compensations superficielles et matérialistes, par exemple… l’ambition d’une ascension sociale ?

La réussite sociale qui vous offre plus ou moins le pouvoir de dominer et posséder les choses et les êtres, ne nous donne t-elle pas l’illusion du bonheur ? Ne faudrait-il pas plutôt simplifier la vie davantage pour trouver un juste équilibre ? De toutes façons, quels que soient nos projets, on s’aperçoit avec le temps que rien n’arrive jamais comme on le souhaite. Le but de notre vie, n’est-il pas d’exprimer plus d’amour et l’ambition de s’aimer davantage les uns les autres ?

Dominique Smeets


En tant que citoyens et cinéastes carolos, nous constatons qu’un certain Charleroi a fait son temps. Si certaines mentalités sont amenées à disparaître, le temps des entreprises sidérurgiques semble également toucher à sa fin, un nouveau visage et une nouvelle identité s’imposent.

Qui seront les nouveaux entrepreneurs et les nouvelles entreprises de notre ville ?

En termes d’entreprise, le cinéma populaire peut être aussi une usine, une usine à rêves. (A. Malraux)

Existe-t-il une plus belle entreprise que celle de concrétiser les rêves populaires ?

Nous serions heureux si, par cette entreprise, nous pouvions contribuer à redonner à Charleroi une nouvelle image, dynamique et humaine. Celle d’une ville qui permettrait aux acteurs régionaux d’aller de l’avant. Bref, redonner à Charleroi son vrai visage.

Dominique Dubuisson

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